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Laetitia GOT-THEPAULT
chargée de mission presse et communication
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Communiqué de presse - Année 2009
La Défenseure des enfants, Dominique VERSINI, souhaite apporter des précisions à la recommandation quelle a faite dinterdire tout châtiment corporel en France
Paris, le 6 février 2009
La Défenseure des enfants a remis un rapport au Comité des droits de lenfant des Nations Unies sur létat des droits de lenfant en France depuis 2004, date à laquelle ce Comité avait demandé à la France de voter une loi interdisant expressément les châtiments corporels en famille, à lécole et dans les établissements accueillant des enfants.
Le Conseil de lEurope a demandé également à tous ses Etats membres de réformer leur législation et de prendre des mesures éducatives pour interdire et éliminer tous les châtiments corporels imposés aux enfants. A ce jour, plus d1/3 des pays du Conseil de lEurope, ont interdit formellement tous les châtiments corporels (parmi eux : lAllemagne, lAutriche, la Grèce, la Norvège, lEspagne, la Suède ).
Selon le Comité des droits de lenfant des Nations Unies et le Conseil de lEurope, un châtiment corporel consiste en tout acte qui, si il était commis sur un adulte constituerait une agression illégale : gifle, fessée, coup, griffe, brûlure . La Cour européenne des droits de lhomme de Strasbourg a condamné les châtiments corporels à lécole, et plus récemment au sein de la famille, refusant la notion de « punition raisonnable ».
Les châtiments corporels, considérés par ces hautes institutions internationales comme dégradants, apprennent de plus aux enfants que la violence est une stratégie acceptable pour résoudre les conflits ou pour obtenir ce que lon veut des autres entraînant ainsi une violence entre enfants eux-mêmes (une violence scolaire en augmentation est constatée sur lensemble du territoire).
Lexpérience de certains pays ayant interdit tout châtiment corporel montre quil existe des moyens positifs pour corriger ou discipliner les enfants et construire des relations fondées sur la confiance sans tomber dans lexcès inverse de « lenfant roi » : ainsi en Suède, des groupes de soutien à la parentalité sont organisés gratuitement dans toutes les mairies pour aider les parents à avoir de lautorité sur leurs enfants sans recourir aux châtiments corporels. Au Québec, des cours de « parenting » (parentalité) sont organisés dès le lycée pour préparer les jeunes à leur futur rôle de parents.
Lors de son déplacement à la Réunion, la Défenseure des enfants a pris connaissance du rapport de lObservatoire des droits de lenfant de locéan indien (ODEROI) et de lObservatoire du développement de la Réunion (ODR) et rencontré différents professionnels de terrain qui lui ont fait part de pratiques de châtiments corporels et dagressions verbales envers les enfants dans certaines familles rencontrant des difficultés sociales. Bien quil ny ait pas de statistiques précises sur ce sujet, lObservatoire du Développement de la Réunion (ODR) a dans une enquête faite auprès de collégiens révélé que la moitié des collégiens disent connaître des enfants confrontés à la violence dont 28% au sein de leur famille.
La Défenseure des enfants a pu noter que des campagnes de sensibilisation et de promotion dalternatives disciplinaires ont été organisées par le Conseil général afin de réduire ces constats et développer dautres méthodes éducatives.
Le Conseil général a aussi accepté dorganiser en partenariat avec la Défenseure des enfants le 23 avril 2009 un forum visant à donner la « Parole aux jeunes » (180 collégiens et lycéens) sur les violences sous toutes leurs formes (violences subies, violences exercées par eux, violences dans les médias ).
La Défenseure des enfants regrette sincèrement que certains de ses propos maladroits aient pu blesser des familles réunionnaises alors quil sagissait dans son esprit de promouvoir une éducation sans violence sur lensemble du territoire.
Elle est prête à venir dès la semaine prochaine à La Réunion pour rencontrer les acteurs locaux et modifier en conséquence certains éléments de son rapport.
Si tes droits ne sont pas respectés, contacte directement la Défenseure des enfants
104, boulevard Auguste Blanqui
75013 Paris