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Laetitia GOT-THEPAULT
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Communiqué de presse - Année 2009
La Défenseure des enfants présente le 4 février 2009 au Comité des droits de lenfant des Nations Unies, à Genève, son rapport dévaluation de lapplication de la Convention internationale des droits de lenfant (CIDE)
Paris, le 2 février 2009
Conférence de presse mardi 3 février 2009 à 10h00 chez la Défenseure des enfants 104 boulevard Auguste Blanqui – 75013 PARIS
La Défenseure des enfants, Dominique Versini, sera auditionnée le 4 février 2009 par le Comité des droits de lenfant des Nations Unies à Genève sur son rapport relatif à létat des droits fondamentaux des enfants vivant en France suite aux nombreuses recommandations (57) émises par le Comité en 2004.
Le Comité des droits de lenfant des Nations Unies est composé de 18 experts indépendants élus par les pays membres des Nations Unies et qui siègent à Genève.
La procédure en vigueur aux Nations Unies prévoit que plusieurs mois avant laudition des représentants du gouvernement français (qui a déjà transmis son 3ème rapport au Comité des droits de lenfant), les membres du Comité reçoivent et examinent les évaluations menées sur les mêmes thèmes par les Institutions indépendantes chargées de la défense des droits de lenfant et les associations. Le débat officiel sur ce rapport entre le Comité des droits de lenfant et le gouvernement français aura lieu en mai prochain à Genève.
Le rapport réalisé par la Défenseure des enfants prend en compte les milliers de plaintes reçues par elle et émanant de parents, denfants et dadolescents eux-mêmes ou dassociations qui signalent des situations individuelles ou collectives dans lesquelles les droits des enfants ne sont pas respectés ainsi que les travaux denquête et délaboration de propositions de réforme quelle a conduits au cours des dernières années.
Dominique Versini constate quun très important travail législatif a été mené au cours des dernières années pour mettre les règles du droit français en conformité avec les engagements souscrits par la France lors de la ratification de la Convention en 1990 et répondre aux 57 recommandations du Comité des droits de lenfant, et que la grande majorité des enfants et adolescents qui vivent dans notre pays ont des conditions de vie plutôt bonnes, une santé protégée, une éducation assurée et des droits fondamentaux globalement respectés.
Toutefois, certaines catégories denfants restent dans des situations de grande fragilité et les mesures prises pour un meilleur respect de leurs droits restent insuffisantes, voire, dans certains cas, séloignent de leur intérêt :
La Défenseure des enfants considère comme une grande avancée la loi instituant le droit au logement opposable (loi DALO) du 5 mars 2007 mais elle constate toutefois que la situation du logement reste extrêmement préoccupante pour les familles les plus vulnérables notamment les foyers monoparentaux et les familles nombreuses en situation de précarité. Elle appelle en conséquence à un effort particulièrement soutenu de construction de logements accessibles aux familles à faibles revenus et au respect de lobligation de 20% minimum de logements sociaux sur le territoire des villes de plus de 3500 habitants.
La Défenseure des enfants se félicite aussi quune nouvelle loi réformant la protection de lenfance ait été adoptée le 5 mars 2007, à la suite dun long processus de concertation. Cette loi a mis en place des outils pour développer la prévention et diversifier les modes de prise en charge des enfants. Elle souhaite toutefois que soit renforcé dans le « projet pour lenfant » prévu par la loi, le plan daction et de soutien en direction des parents ainsi que le cas échéant des frères et sœurs et grands parents. Elle demande également que soit publié sans tarder le décret prévu pour lapplication de la loi mettant en place le fonds national de protection de lenfance qui doit assurer la compensation des charges résultant pour les départements de la mise en œuvre de la loi.
La loi de février 2005 pour légalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées constitue également une avancée importante en reconnaissant à tout enfant porteur de handicap le droit dêtre inscrit en milieu ordinaire, dans lécole la plus proche de son domicile. Toutefois elle constate que ces enfants restent encore insuffisamment scolarisés et que la prise en charge des enfants autistes notamment relève encore trop souvent pour leurs parents du parcours du combattant.
La Défenseure des enfants sest félicitée du plan santé jeunes présenté en février 2008 par la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports pour les jeunes de plus de 16 ans qui reprend un certain nombre de ses recommandations. Elle rappelle toutefois que 15% des adolescents de plus de 11 ans présentent des signes inquiétants de souffrance psychique (tentatives de suicide, alcoolisation précoce et massive, consommation quotidienne de cannabis, scarifications, cyberdépendance, ...). Il est nécessaire de mettre en place un plan national pour régler la crise des centres médico-psychologiques, de combler les besoins en lits dhospitalisation en pédopsychiatrie et en relais diversifiés de post-hospitalisation, de sensibiliser et informer les parents sur le repérage des signes éventuels de mal-être de leur enfant et les accompagner par la mise en place dune ligne nationale découte téléphonique « parents ».
Si la Défenseure des enfants mesure bien tous les progrès accomplis dans le champ du droit de la famille ces dernières années et notamment en matière dautorité parentale conjointe et daudition de lenfant, elle estime que la préservation de léquilibre psychique des enfants nécessite de se donner les moyens de systématiser la médiation familiale à loccasion des séparations parentales et daffirmer le droit de lenfant à maintenir des relations personnelles avec ses deux parents, tout en professionnalisant la prise en compte de la parole de lenfant. De même, le statut des tiers qui partagent ou ont partagé la vie dun enfant permettra de sécuriser les relations juridiques de lenfant avec lensemble de son entourage et de réduire les traumatismes dus aux ruptures affectives successives.
Dautres domaines démontrent que certains enfants connaissent toujours des situations de grande fragilité. Les enfants des « Gens du voyage » et les « Roms » voient leurs enfants connaitre des problèmes sérieux de scolarisation et vivre dans des conditions dhabitat très précaire. Les mineurs étrangers dont les familles font lobjet de reconduite à la frontière ou les mineurs non accompagnés arrivant sur le territoire national voient leurs droits les plus fondamentaux insuffisamment protégés.
Enfin en ce qui concerne les enfants et adolescents en conflit avec la loi alors que des lois récentes, ont augmenté la sévérité des sanctions la Défenseure des enfants constate que les réponses éducatives en milieu ouvert destinées aux jeunes délinquants souffrent dun manque de moyens matériels et humains, se traduisant notamment par des délais de prise en charge trop tardifs ce qui limite la prévention de la récidive. Elle demande instamment que soit conservé à lincarcération des mineurs un statut dexception avec un accompagnement éducatif spécifique. Compte-tenu de lévolution de la législation récente relative à la délinquance de certains mineurs dont certaines orientations séloignent de lesprit de la CIDE, la Défenseure des enfants appelle à un grand débat national sur la question dactualité de la réforme de lordonnance de 45.
Enfin, elle appelle de ses vœux le vote par le Parlement dune délégation parlementaire aux droits de lenfant permettant daccélérer ladaptation du droit français.
Si tes droits ne sont pas respectés, contacte directement la Défenseure des enfants
104, boulevard Auguste Blanqui
75013 Paris